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Le conseil conjugal :
 
Une conseillère conjugale n’a pas la formule magique du bonheur conjugal, parce qu’il n’en existe pas, mais un travail en couple permet de dégager le sens des difficultés de rendre visibles certains conditionnements afin de pouvoir les dépasser.
Il y a dans ce travail à entreprendre, en couple, avec une conseillère conjugale et familiale la volonté de trouver le chemin qui mène en dehors du champ de bataille. L’effort de se tourner vers l'intérieur de son couple, de sa famille, de réfléchir sur ce qui se passe en soi, d'examiner les mouvements de sa vie sans les juger et de tenter de se réconcilier avec soi-même, son conjoint, ses parents et tous ceux qui partagent notre vie devient source de sérénité.
En réalité, un couple n’est pas 1+1 =2 mais 1+1 = toi, moi, notre lien et tous les compagnons intérieurs qui mènent le bal des attirances et des répulsions à leur insu. « Nous pourrions dire que dès la puberté un archétype s'active en nous pour nous aider à nous séparer de nos parents et à poursuivre notre vie psychologique par nous-mêmes en pleine autonomie. Sa trace est visible dans le fait que chaque être humain porte en lui une représentation plus ou moins claire du partenaire idéal. Cette image le fait rêver, fantasmer et courir après l'amour pour former un couple ».
Alors il y a du monde dans cette aventure du couple, et de l’attente…, un idéal, l’illusion d’une fusion, cet autre moi-même, cette part manquante, ce qu’il y a à réparer de nos histoires d’enfance. Mais en réalité nos partenaires ne pourront jamais incarner cette part manquante, c’est ce que viennent nous dire nos crises, conflits nos échecs amoureux.
Prendre conscience de la nécessité de se prendre en charge parce que l'amour ne nous sauvera pas invite à dégager l'autre de nos exigences.
« Il s'agit d'arrêter de lui demander de se plier à l'image idéale de l'homme ou de la femme que nous portons. »
Passer d'une relation où je suis tout pour l'autre et où l'autre est tout pour moi à une relation où j'aime que l'autre existe et où, finalement, j'aime exister, le défi est là.
Et il est parfois nécessaire d’être accompagné à un moment de cette aventure du couple.


L’entretien en Conseil conjugal : 

C’est lorsque les personnes sont débordées par la conflictualité, des angoisses d’abandon, des menaces de séparation, que souvent il y a demande : le couple représente un espace de contenance, il contribue à une cohésion psychique interne.
Si le couple est mis en danger, il y a perte de cette cohésion interne au niveau personnel, conjugal, familial, par perte d’étayage, de peau protectrice…
Souvent, explicitement, la demande concerne surtout l’autre, symptôme du mal être du couple, ou des problèmes de communication, ou des problèmes sexuels devenus insupportables, les personnes viennent pour qu’on les aide à supprimer ce qui est devenu insupportable.
Mais souvent plus profondément, la demande est d’abord à entendre comme une demande de soutien par rapport à des menaces de perte : peur de perdre l’autre, peur de s’y perdre. Il peut aussi y avoir une demande d’apaisement par rapport à des situations d’excitation pulsionnelle, en particulier dans les situations de violence.
Le Cadre : entretien individuel (pour un problème de couple), entretien de couple
Le Cadre pose des limites aux ccf ainsi, qu’aux personnes qui consultent.
Le dispositif mis en place définit un dehors et un dedans : il devient un lieu de dépôt du couple (au sens d’y déposer quelque chose), il est structuré par des règles, tout cela donne au cadre une fonction de contenance, de triangulation, elle favorise un travail de mise en représentation, de pensée.
Parmi les règles avec lesquelles nous travaillons : la confidentialité, la neutralité (le ccf s’abstient de donner des conseils, d’infléchir une décision) , les entretiens sont non directifs et impliquent la liberté de parole , de dire ce que l’on ressent, imagine , pense, mais il n’y a pas d’obligation à tout dire…
 
Objectifs : ils sont relatifs à la demande, aux besoins et aux capacités psychiques des personnes.
Le cadre, par sa fonction contenante, limitative, la présence de la conseillère conjugale et familiale, sa qualité d’écoute, son positionnement, sa compréhension des mécanismes groupaux (plus qu’individuels), ses interventions, créent des conditions particulières qui : -favorisent restauration et dédramatisation narcissique, permettent cohérence et cohésion internes, favorisent un questionnement, un approfondissement de la vie psychique.
Cela permet également une mise en représentation des conflits et des problèmes, et de penser (panser) « autrement »la relation de couple.
Dans le cadre de la consultation conjugale, les personnes, les couples peuvent trouver une écoute et un accompagnement qui permettent une réorganisation des liens plus apaisée et plus satisfaisante.
Les couples peuvent alors trouver par eux-mêmes des solutions à leurs difficultés, et/ou prendre une décision : reprise de la relation sur des modalités plus satisfaisantes ou séparations.
Dans le cas de certains conflits répétitifs et insolubles liés à des traumatismes profonds et inconscients, la reconnaissance de problèmes profonds et le mûrissement d’une demande personnelle , ou de couple, nécessitant un autre cadre , d’autres soins, le conseilles conjugal et familial vise alors dans la mesure du possible à favoriser l’élaboration et le passage vers une démarche psycho thérapeutique.
 
 

Crises et conflits dans le couple :

Et pour commencer cette phrase de robert Neuburger (psychiatre et psychanalyste) « un couple qui va bien n’est pas un couple qui n’a pas de problème mais un couple qui sait les résoudre ».
Comment définir le couple aujourd’hui, serait-il si différent des générations qui nous ont précédé ?
Nous sommes passés en quelques siècles du mariage qui n’était qu’un simple contrat entre deux lignages au mariage par amour, puis aujourd’hui au couple d’amour, et donc s’il n’y a plus d’amour, il n’y a plus de couple.
Dans les premiers temps tout couple vit dans l’illusion, l’autre est idéalisé, le couple bien souvent fusionnel ou l’on ne fait rien sans l’autre, c’est le 1+ 1 =1. (alors qu’un couple est : 1+1 =3 )
Et puis bien souvent déclenché par des événements extérieurs au couple (chômage, maladie, deuil) ou interne (naissance du 1er enfant, mariage, adolescence des enfants) le couple va être confronté à une phase de désillusion ce que l’on note comme étant la première crise fondatrice du couple.
Personne ne peut exister uniquement à travers le couple, l’autonomie de chacun est une dimension fondamentale.
Un couple doit permettre à chacun d’exister avec ses besoins, ses désirs, en ce sens la première crise est fondatrice. Elle permet ce passage de l’illusion à la réalité.
Dans les premiers temps de la relation, un certain nombre de caractéristiques communes sont observables :
-Chacun à un besoin constant de la présence physique de l’autre, ou, à défaut, de ses sms, coup de fil, mail …
- chacun a le désir de se rendre totalement disponible pour l’autre et déplore les contraintes sociales et professionnelles qui limitent sa disponibilité
- chacun demande à l’autre de donner sens à sa vie
-Chacun demande à l’autre d’exercer à sa place les fonctions psychiques défaillantes chez lui, par exemple : qu’il ou elle soit sa mémoire, sa volonté, qu’il soit aussi le dépositaire tranquille de ses plaintes, de ses colères, de ses angoisses.
-Chacun attend que l’autre anticipe ses désirs, ses malaises, qu’il les devine sans qu’on ait à lui formuler et qu’il prenne l’initiative de combler ses désirs, de guérir ses malaises.
-Chacun veut que l’autre lui donne des signes de son amour, signes à toujours répéter et dont une bonne partie consiste en des preuves de similitude « si tu m’aimes vraiment, tu dois penser comme moi, sentir les mêmes choses que moi »
Cette énumération qui n’est pas exhaustive fournit à contrario un bon inventaire des reproches en jeu dans une scène de ménage.
  • « tu n’es jamais (entendre tu n’es jamais là pour moi), tu ne supportes pas que j’ai besoin de toi ou inversement tu prends trop de place, tu ne comprends pas, tu ne sais pas me deviner, tu ne me parles pas de toi, tu ne me parles pas de moi … »
Cet autre que l’on a choisi, idéalisé, enfermé parfois dans une image pleinement satisfaisante pour soi, va être confronté à la réalité et aux contraintes du quotidien, phase de désillusion nécessaire et inévitable dans la construction de la relation de couple.
Réussir ce passage implique la reconnaissance d’une perte, le renoncement à l’idée que chacun doit et peut tout apporter à l’autre. C’est un véritable processus de deuil.
Dans un couple qui fonctionne bien, le processus de deuil est constamment à l’œuvre et intègre les crises de la vie .Le couple est alors le lieu où se vit le deuil et ou, en même temps, l’un et l’autre peuvent se sentir soutenus.
Le maintien de l’illusion d’une harmonie parfaite est insoutenable dans la durée face à l’épreuve de réalité.
Réalité des contraintes du monde extérieur, réalité des personnalités de chaque partenaire qui vont faire apparaître dans le partage de la vie quotidienne : des écarts, des différences, des déceptions, des frustrations, des conflits.

Les crises appartiennent à l’évolution normale du couple et expriment la nécessité d’une transformation.
« Un couple sans crise est un couple suspect « nous dit serge hefez dans son livre « la danse du couple.
Mais cette appréciation de la notion de crise n’est pas toujours partagé par les 2 partenaires, du moins pas dans le même temps.
Il arrive qu’un seul partenaire éprouve un malaise dans ce couple tandis que l’autre a le sentiment que tout va bien et n’entend pas ou ne comprend pas les plaintes de son partenaire.
S’agit-il alors d’une crise de couple ou d’une crise personnelle ?
En fait, on peut penser que l’évolution du partenaire insatisfait, s’il ne se résigne pas à toutes les chances de provoquer une crise chez l’autre.
Aucun ne peut faire l’économie de cette crise fondatrice, certains quittent l’autre à ce moment-là et repartent vers une nouvelle quête, celle de trouver celui ou celle qui viendra combler tous les manques, ils restent dans l’illusion.
Si toute rencontre semble découler d’une suite de coïncidences, elle entre toujours en résonance avec l’enfant que nous étions et chacun l’aborde à son insu avec un certain nombre de déterminisme conscient et inconscient.
De ces premières expériences infantiles, conscientes et inconscientes restera une empreinte indélébile, dont l’être humain conservera une nostalgie profonde et archaïque .Pour garantir l’équilibre de la personne, puis de la relation de couple, cette tension entre frustration et satisfaction doit être acceptée, car elle permet le mouvement et le changement.
Très souvent les reproches dans le couple ne sont que la projection sur l’autre de ce que l’un des partenaires a refoulé en lui et deviennent la cause de très nombreux malentendus. Le couple devient ainsi le lieu d’un travail intense sur soi, si l’on accepte de considérer que ce qui agace chez l’autre correspond à une part inconnu de soi.
Un état de crise est toujours un moment de réaménagement d’un équilibre, c’est tout le contraire d’un état pathologique, la crise survient pour tenter d’éviter une catastrophe.
Lorsque la vie conjugale devient un enfer, il y a cette possibilité d’en prendre acte et de se séparer avec amitié ou animosité.
Mais il semble important d’accompagner cette décision et de prendre le temps pour faire la part des choses entre la haine de l’autre et la haine de soi, entre la place à laquelle notre histoire nous assigne et la partition que l’autre nous contraint d’exécuter. Changer de couple n’est pas forcement un changement, ce peut être simplement répéter ailleurs les ratés de sa propre histoire.
Lorsque des individus prennent le risque de transformer une relation, cette relation possède à son tour le pouvoir de les transformer.


Anne Leuret
Conseillère conjugale et familiale 
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